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Article « Le Vendéen de Paris et d’île de France » Septembre – Octobre 2009

Le P’tit Chouan Restaurant à Paris 15e

Il y en a bien qui montrent leur nez et demandent : « vous faites des crêpes ? » Ce qui à défaut de l’étonner, amuse plutôt notre cuistot. Beaucoup trop vendéen, tendance chauvin, pour ne pas relever le gant et, en quelques tournemains habiles faire oublier toutes les bretonneries, fussent elles gourmandes.

C’est que Gilles Bourdilleau est né il y a quarante neuf printemps à la Roche sur Yon. Qu’il y a fait ses classes dans l’excellent LEP Branly. Qu’il y a été distingué du titre de meilleur ouvrier de Vendée, catégorie Pâtisserie en avril 1978. Qu’en dépit d’une carrière fulgurante, il y a gardé ses attaches, ses habitudes estivales, une affection particulière pour ses produits . Et qu’il les cuisine à la perfection.

Savant résultat d’un don – « Déjà tout petit, j’aimais aider à préparer les plats. », d’un héritage. « Ma grand-mère cuisinait très bien ». D’une formation dure et élitiste – « J’ai été embauché à l’hôtel Plazza Athenée à Paris dès mon diplôme en poche», il y franchit toutes les étapes de premier commis à Chef de partie. Jusqu’à ce que ces beaux parents, traiteurs pâtissiers dans le 15eme arrondissement, lui proposent de reprendre le flambeau.

Huit années plus tard, le voilà qui est engagé au Golf de Saint Cloud. Il y rencontre Christelle, Directrice de la restauration, y reste jusqu’à avril 2006, fait un petit tour chez le traiteur Lenôtre, et fort de toutes ces expériences, décide de se lancer tout seul comme un grand, dans son restaurant à lui. Enfin, dans leur restaurant à eux, puisqu’entre temps, Christelle est devenue Madame Bourdilleau.

Le 15 juillet 2008, Le P’tit Chouan ouvre ses portes. Le menu ? Doucement. Avant de déguster quoi que ce soit, on commence par un Kir vendéen fait maison. Ensuite, on a le choix, bourride de la mer, mohjeto vendéen (cuisse de canard – à noter que toutes les volailles viennent de la Compagnie du bocage, chez Soulard, confits, gésiers, et… mogettes), feuilleté de moules, papillotes de langoustines à la menthe sur carpaccio de tomates, filet de canette aux girolles, etc. Le tout arrosé de Mareuille et autres fiefs vendéens.

Un conseil : garder un peu de place pour la fin. Notre homme n’a pas été pâtissier pendant des années pour rien : de la poire marinée en gelée de réglisse au flan brioché vendéen, ce ne sont que délices. Savourez.

Maryvonne Ollivry
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